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traditionnel

Lucy Campbell

Aussi connu sous Miss Lucy Campbell, Lucy Campbell's, Luighseach Chaimbhéal, Lucy Cambell

Type
Reel
Tradition
Irlandaise
Mesure
4/4
Tonalité
re majeur Aussi joué en sol majeur
Structure
ABCD (quatre parties de huit mesures)
Niveau
Avancé
Tempo indicatif
116 à la noire

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Ouverture

Quatre parties, huit mesures chacune, aucune reprise. Ce reel est le plus long du répertoire réuni ici, et c'est aussi le mieux imprimé : on le trouve dans Ceol Rince na hÉireann volume 1 et volume 2, dans la Ryan's Mammoth Collection, dans The Dance Music of Willie Clancy, dans les Tunes of the Munster Pipers, et dans les manuscrits Goodman, que l'ITMA a numérisés et mis en ligne. Six sources imprimées, ce qui est le record du corpus.

Le paradoxe, c'est qu'aucune de ces sources n'est écossaise, alors que le morceau l'est probablement. Un contributeur relève en 2024, en s'appuyant sur The Traditional Tune Archive, qu'il serait de Robert MacKintosh, violoniste contemporain de Niel Gow, écrit en l'honneur de Mrs Campbell of Lochnell. Un autre avait signalé en 2014 que les notes d'un disque du Glenfinnen ceilidh band l'attribuent directement à Niel Gow. Un troisième rappelle en 2010 qu'il existe une version écossaise en strathspey à six parties. Les trois indices vont dans le même sens sans se recouper exactement, et aucun n'est de première main.

Cette fiche le classe malgré tout dans la tradition irlandaise, et c'est un choix qu'il faut assumer plutôt que masquer. Le morceau vit dans le répertoire irlandais depuis au moins le milieu du dix-neuvième siècle, il y est imprimé six fois, il se joue en session en Irlande sous cette forme à quatre parties, et personne ne le présente comme un morceau écossais quand il le lance. Le champ de tradition de ce site décrit où un tune se joue, pas où il est né. Si vous cherchez du répertoire écossais, ce n'est pas ici qu'il faut le prendre. Si vous cherchez ce qui se joue dans une session irlandaise, il y est à sa place. Robert MacKintosh est mort en 1807, la question des droits ne se pose donc pas.

L'autre grand sujet de la page, et il occupe les premiers échanges de 2003, c'est la ressemblance avec The Bucks of Oranmore. Elle est frappante sur la première partie. S'ensuit une discussion qui est un petit modèle du genre : l'un se demande si ce morceau serait la graine dont l'autre est sorti, un second répond qu'avec assez de musiciens apprenant d'oreille, assez d'erreurs heureuses et assez de temps, les deux finiront par diverger en deux créatures distinctes. Un troisième doute qu'ils divergent encore, les voilà trop bien fixés par les livres, les disques et les publications en ligne. La remarque est juste et vaut au-delà de ce cas : la notation a arrêté l'évolution des tunes.

Le même contributeur élargit d'ailleurs le tableau. La quatrième partie de ce reel est presque identique à la seconde partie de The Union Reel, dont la première partie ressemble à celle de The Foxhunter's. Et The Bucks of Oranmore, malgré une rythmique différente, ressemble structurellement à la version courante à quatre parties de The Lark in the Morning, qui ressemble à la version en ré de The Geese in the Bog. On tourne en rond dans une famille où chaque morceau tient un peu de son voisin. D'autres rapprochements sont proposés au fil des ans : Billy Brocker's, qui pourrait être une version à deux parties de celui-ci, The Boyne Hunt, et un reel à trois parties de la Ryan's Mammoth appelé Leap Year, dont le contributeur qui le signale précise honnêtement qu'il ne le trouve pas assez proche pour justifier un rapprochement formel.

Enfin, une curiosité de terrain. Le morceau tel qu'il est écrit dans les manuscrits Goodman est consultable en ligne, et l'ensemble de Mick O'Brien l'a enregistré dans cette version pour un disque consacré à ces manuscrits. Ils y jouent la seconde partie en premier. Sur un reel à quatre parties, changer l'ordre des parties est un geste plus radical qu'il n'y paraît, et il est bon de savoir que ça se fait.


Fiche technique

Type : reel, mesure à 4/4, quatre parties de huit mesures chacune. Le setting de référence ne porte aucun signe de reprise : les quatre parties s'enchaînent une fois chacune, ce qui donne un tour de trente-deux mesures.

Tonalité principale : ré majeur, dix des onze settings recensés par TheSession. Le onzième est en sol majeur. Un contributeur signale jouer parfois le morceau une corde plus bas, en sol, mais précise qu'il ne le fait jamais en session.

Tempo indicatif : autour de 116 à la noire. Un recueil de session cité sur la page le présente comme un excellent reel pour lancer une soirée avec un peu de vitesse, ce qui correspond bien à son caractère.

Niveau : classé avancé, essentiellement pour une raison de mémoire. La difficulté n'est pas dans les doigts, elle est dans les trente-deux mesures à retenir sans filet et dans les quatre parties qui se ressemblent par endroits.

Repère pour l'apprentissage : la quatrième partie est presque identique à la seconde partie de The Union Reel. Si vous avez ce morceau, vous avez déjà un quart de celui-ci.

Ornementation : le setting orné proposé, en ré majeur comme la version populaire et sur la même charpente, est particulièrement fourni, avec des rolls sur presque toutes les valeurs longues. Le contributeur qui l'a déposé indique que c'est la version jouée dans sa session régulière et qu'il la tient probablement d'un piper, ce qui se voit à l'écriture.

Grille harmonique

Champ laissé vide, volontairement. Aucun des onze settings de ce tune sur TheSession ne porte d'accords notés. Je n'ai donc aucune harmonisation transcrite à dériver, et je n'ai pas construit de grille de mon propre chef.

Pour un point de comparaison, deux tunes en ré majeur de ce répertoire donnent une grille complète issue d'une source : The Connaughtman's Rambles et The Maid Behind the Bar. Le vocabulaire d'un reel en ré majeur y est en place, et il est transposable en première approche. Attention toutefois : sur un morceau à quatre parties, une grille de deux parties ne se recopie pas mécaniquement, chaque partie ayant sa propre trajectoire.

Deux settings proposes

Setting populaire : setting de référence de TheSession, en ré majeur, quatre parties sans reprise.

Setting orné : setting 27214, même tonalité, même structure à quatre parties, avec une ornementation dense en rolls et quelques triolets.

TheSession recense au total 11 settings de ce tune. Voir : thesession.org/tunes/1552.

Pour la source manuscrite, la version des manuscrits Goodman est consultable à l'ITMA : itma.ie, Goodman volume 1, page 345.

Enchainements de session

Sur les 291 sets recensés sur TheSession, aucun appariement n'écrase les autres, ce qui est cohérent avec un morceau long : à quatre parties, il occupe déjà la place de deux tunes ordinaires.

The Laurel Tree + Lucy Campbell : 18 sets, l'entrée la plus fréquente.

Lucy Campbell + Toss the Feathers : 13 sets, et 12 sets dans l'autre sens. Le voisin le plus souple du morceau.

Harvest Moon + Lucy Campbell : 9 sets. The Glass of Beer + Lucy Campbell : 7 sets.

Lucy Campbell + The Boys of Ballisodare et Lucy Campbell + The Jolly Tinker : 6 sets chacun.

Voisins du corpus, de un à trois sets chacun : Doctor Gilbert's, qui le précède trois fois, The Cup of Tea, The Maid Behind the Bar, Cooley's, The Musical Priest, The Morning Dew, The Pigeon on the Gate, Maudabawn Chapel. La page signale une captation de Caoimhe Flaherty jouant Lucy Campbell juste après Doctor Gilbert's au Con Curtin Festival, ce qui donne un set entièrement puisé dans ce répertoire.

Sources

  • TheSession, page du tune : https://thesession.org/tunes/1552
  • Breathnach, Ceol Rince na hÉireann, volume 1 n° 154 et volume 2 n° 185
  • Ryan's Mammoth Collection, n° 276
  • The Dance Music of Willie Clancy, n° 13
  • Tunes of the Munster Pipers, volume 2, n° 72
  • Manuscrits Goodman, volume 1 page 345, consultables à l'ITMA
  • Mick O'Brien et ensemble, Tunes from the Goodman Manuscripts, plage 5, où les deux premières parties sont inversées
  • David Speers, A Fine Selection of Over 200 Irish Traditional Tunes for Sessions, avec un avant-propos de Matt Cranitch
  • Commentaires TheSession cités : Atanos (2003) qui dépose le tune et lance la discussion sur The Bucks of Oranmore, Dr. Dow (2003) sur la fixation des tunes par la notation, CreadurMawnOrganig (2003) pour la mise en famille avec The Union Reel, The Foxhunter's, The Lark in the Morning et The Geese in the Bog, f.pellerin (2007) sur Billy Brocker's, slainte (2007) sur The Boyne Hunt, slainte (2008) pour l'enregistrement du Leeds CCE, fiddlerpianist (2010) sur l'origine écossaise en strathspey à six parties, ed nahan (2013) sur la parenté entendue avec Sally Goodin, hebfiddler (2014) pour l'attribution à Niel Gow d'après un disque du Glenfinnen ceilidh band, Pierre Commes (2015) pour le setting orné tenu de sa session, Daniel Parker (2018) sur la transposition en sol, Eubonian (2019) pour le recueil de David Speers, Jeremy (2022) pour la captation de Caoimhe Flaherty, brailsford (2023) sur le reel Leap Year de la Ryan's Mammoth, PiperDave (2024) pour les manuscrits Goodman, le disque de Mick O'Brien et l'attribution à Robert MacKintosh
  • Attribution et tradition : l'origine écossaise est probable mais reposant sur des sources de seconde main qui ne concordent pas entre elles, Robert MacKintosh pour l'une, Niel Gow pour l'autre. Le classement en tradition irlandaise retenu ici est un choix éditorial fondé sur l'usage et sur les sources imprimées, expliqué dans l'ouverture, et non une affirmation sur l'origine du morceau.
  • Année de composition : inconnue. Robert MacKintosh, si l'attribution est la bonne, est mort en 1807.
  • Statistiques d'enchaînement calculées sur la totalité des 291 sets publiés sur TheSession

Notation

Version populaire

Version ornée

Aller plus loin

Références impriméesCeol Rince na hÉireann, vol. 1, n° 154 et vol. 2, n° 185