traditionnel
The Maids of Mount Kisco
Aussi connu sous The Maid Of Mount Kisco, The Maids Of Mount Cisco, David O'Doherty's Favourite
- Type
- Reel
- Tradition
- Irlandaise
- Mesure
- 4/4
- Tonalité
- la dorien Aussi joué en mi dorien, si dorien, sol majeur
- Structure
- AABBCC (partie B de quatre mesures)
- Niveau
- Avancé
- Tempo indicatif
- 116 à la noire
Ouverture
Mille quatre cent cinquante-quatre carnets de musiciens : c'est le morceau le plus joué de ce répertoire. Et personne ne sait qui l'a écrit, ni pourquoi il porte le nom d'une petite ville huppée du comté de Westchester, à cinquante kilomètres au nord de New York.
Sur l'auteur, la page propose quatre réponses en vingt-cinq ans. La base de données porte Paddy Killoran, violoniste sligoman émigré à New York. Un contributeur écrit dès 2001 qu'il croit le morceau écrit par Killoran, flûtiste ou violoniste, il ne sait plus. Un autre l'a vu attribué à John McGrath sur un disque de 1997. Un troisième affirme en 2013 tenir de bonne source que le titre correct est The Maid of Mount Kisco au singulier, et que James Morrison l'aurait écrit pour sa femme, originaire de la région, le morceau ayant été composé après la période où Morrison enregistrait, d'où sa gravure par Killoran dans les années trente.
La réponse la plus solide est ailleurs, et c'est celle de 2003. Un contributeur rapporte avoir posé la question à Billy McComiskey, accordéoniste de premier plan, en prenant soin de préciser qu'il espère bien restituer. Réponse : c'est un très vieux morceau de violon sligoman que Paddy Killoran jouait. Killoran se produisait dans un bar de Mount Kisco et s'était entiché de la fille qui lui apportait ses verres, alors il a baptisé le morceau du nom de cette serveuse.
C'est cette version que retient cette fiche, pour trois raisons. Elle vient de la source la plus autorisée de la page. Elle est compatible avec la présence du morceau dans Ceol Rince na hÉireann volume 1 et dans The Dance Music of Willie Clancy, deux recueils de musique traditionnelle. Et surtout, quand un morceau se voit attribuer quatre auteurs différents, c'est en général qu'il n'en a pas : les compositions récentes attestées ont un auteur, pas quatre. Le morceau est donc traité ici comme traditionnel, avec sa notation, tout en signalant que la base porte encore le nom de Killoran.
Le nom lui-même a produit une petite enquête collective assez savoureuse. Trois explications circulent : la serveuse de Killoran, un pensionnat de jeunes filles, et le fait que beaucoup de jeunes femmes de Mount Kisco allaient travailler comme domestiques à New York, à trente miles de là. Cette dernière vient de Mick Moloney, musicien et historien de la musique, rapportée en 2011 par quelqu'un qui a vécu à Mount Kisco de 1950 à 1968. Un autre habitant, qui y a grandi de 1955 à 1973, apporte en 2009 un témoignage qui refroidit tout le monde : il ne se souvient d'aucune culture irlandaise dans la ville, il n'a jamais entendu parler d'un pensionnat de jeunes filles, et il ne peut pas dire que le Mount Kisco de son enfance ait été réputé pour ses domestiques. Celui qui avance l'hypothèse du pensionnat, en 2006, l'accompagne d'ailleurs lui-même d'un avertissement : c'est probablement un mensonge complet, mais ça fait une bonne histoire.
Un dernier mot sur l'usage pratique. Le déposant note dès 2001 que c'est un excellent morceau pour travailler les ornements sur la corde de la à vide, qu'il s'agisse d'un triolet, d'une coupure, d'un roll ou d'un cran. Il ajoute que le violoniste Skip Healy l'appelle en plaisantant les Maids of Sliabh Kisco, ce qui est une bonne façon de rappeler d'où vient vraiment le morceau.
Fiche technique
Type : reel, mesure à 4/4. Trois parties : A de huit mesures, B de quatre mesures seulement, C de huit mesures, chacune répétée. Soit AABBCC avec une partie B courte.
Tonalité principale : la dorien, quinze des vingt et un settings recensés par TheSession. Deux settings sont en mi dorien, deux en si dorien, un en sol majeur, un en sol dorien.
Tempo indicatif : autour de 116 à la noire, tempo de reel courant.
Niveau : classé avancé. Trois parties, dont une courte qui surprend la première fois, et une partie C qui monte franchement dans l'aigu. C'est un morceau qu'on entend partout mais qui demande du travail.
Point technique : la corde de la à vide revient constamment dans la partie A, et c'est le terrain d'exercice recommandé par le déposant, voir l'ouverture. Triolets, coupures, rolls et crans y passent tous.
Une expérience documentée : un contributeur raconte en 2021 s'être demandé si le morceau supporterait d'être monté d'un ton. Il conclut que ça marche, en évitant les quelques sols dièses qui apparaîtraient, mais prévient qu'il faudrait annoncer la couleur avant de se lancer en session. Les deux settings en si dorien de la page viennent de cette idée.
Grille harmonique
Grille relevée sur le setting 45678, en la dorien comme le setting de référence. Une ligne par groupe de quatre mesures, ce qui donne deux lignes pour les parties A et C et une seule pour la partie B, qui ne fait que quatre mesures.
Trois settings du morceau portent des accords, ce qui est rare, et ils s'accordent sur l'essentiel : un socle de la mineur et sol, avec un ré qui vient éclairer la partie B et un mi mineur qui ferme les phrases. C'est le vocabulaire attendu en la dorien, appliqué avec plus de mouvement que la moyenne : la partie B change d'accord toutes les deux mesures.
Grille en la dorien
Partie A
Am | Am | G | G Am | Am G | Em Am | G Am
Partie B
Am D | G | Am D | Em G
Partie C
Am | G | Am | Em G Am Em | D G | Am | G Am
Deux settings proposes
Setting populaire : setting de référence de TheSession, en la dorien, déposé en 2001, avec les trois parties et l'ornementation déjà notée.
Setting orné : setting 28234, même tonalité et même structure, avec une écriture différente des rolls.
TheSession recense au total 21 settings de ce tune. Voir : thesession.org/tunes/432.
Notation
Version populaire
Rendu de la partition indisponible
Version ornée
Rendu de la partition indisponible
Enchainements de session
Sur les 453 sets recensés sur TheSession, la dispersion est grande, ce qui est logique pour un morceau aussi répandu : tout le monde le joue, chacun à sa façon.
George White's Favourite + The Maids of Mount Kisco : 24 sets, l'entrée la plus fréquente.
Gavotte + The Maids of Mount Kisco : 16 sets. Over the Moor to Maggie + The Maids of Mount Kisco : 12 sets.
The Maids of Mount Kisco + The Sligo Maid : 15 sets. L'appariement fait sens, les deux titres renvoyant au Sligo.
The Maids of Mount Kisco + The Glass of Beer : 12 sets.
Voisins du corpus, bien représentés : The Maid Behind the Bar, huit sets en entrée et huit en suite, ce qui en fait le partenaire le plus souple du morceau dans ce répertoire, puis The Musical Priest en suite, cinq sets, The Congress en suite, quatre sets, The Cup of Tea en entrée, quatre sets, et Lucy Campbell en suite, trois sets.
Sources
- TheSession, page du tune : https://thesession.org/tunes/432
- Breathnach, Ceol Rince na hÉireann, volume 1, n° 118
- The Dance Music of Willie Clancy, n° 93
- Paddy Killoran, enregistrement des années 1930
- Arcady, Many Happy Returns, sous le titre Maids of Mount Cisco
- Frankie Gavin, Fierce Traditional
- Commentaires TheSession cités : b.maloney (2001) qui dépose le tune, sur les ornements à la corde de la à vide et sur le surnom donné par Skip Healy, CreadurMawnOrganig (2001) pour l'attribution à Paddy Killoran, veerybird (2001) sur la vidéo pédagogique de Mickie Zekley, Daithí (2001) sur les versions d'Arcady et de Frankie Gavin, MarkCC (2002) et Shattarack (2009) pour les descriptions de Mount Kisco par des gens qui y ont vécu, ving14 (2003) pour le témoignage de Billy McComiskey sur l'origine sligoman du morceau et sur la serveuse, barney_morgan (2006) pour l'hypothèse du pensionnat, présentée par lui-même comme probablement fausse, Paahto (2008) sur l'attribution à John McGrath, brewerpaul (2011) pour l'explication de Mick Moloney sur les jeunes femmes employées comme domestiques à New York, snorre (2011) sur le titre David O'Doherty's Favourite chez Paddy Cronin, The Archivist (2013) pour l'attribution à James Morrison, Kenny (2021) pour l'expérience de transposition d'un ton
- Attribution non tranchée, quatre versions rapportées : très vieux morceau sligoman simplement nommé par Paddy Killoran selon Billy McComiskey, composition de Killoran selon la base et un contributeur, composition de James Morrison selon un autre, attribution à John McGrath sur un disque de 1997. La fiche retient la première, en raison de la qualité de la source et de la présence du morceau dans deux recueils de musique traditionnelle, mais la question n'est pas close.
- Origine du nom : trois explications concurrentes, aucune établie, et un témoignage d'habitant qui contredit deux d'entre elles
- Grille harmonique : setting 45678, l'un des trois settings du tune portant des accords notés
- Statistiques d'enchaînement calculées sur la totalité des 453 sets publiés sur TheSession
Aller plus loin
Références impriméesCeol Rince na hÉireann, vol. 1, n° 118