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Ed Reavy

Maudabawn Chapel

Aussi connu sous Reavy's, Reavy's No. 3, Reavy's Long, The Reefs, Hall's Favourite, Maudebawn Chapel, Maudabon Chapel, Ryan's

Type
Reel
Tradition
Irlandaise
Mesure
4/4
Tonalité
sol majeur Aussi joué en mi dorien, re majeur
Structure
AABB
Niveau
Avancé
Tempo indicatif
116 à la noire

composition-modernesous-droitsreel-en-solCavanreel-de-violonisterepertoire-mondial

Ouverture

Maudabawn est un lieu réel. C'est le hameau du comté de Cavan où Ed Reavy est né le 14 février 1898, fils d'un fermier et d'une mère réputée pour son lilting. Il l'a quitté en 1912, à quatorze ans, pour Philadelphie, où il a vécu jusqu'à sa mort en 1988. La chapelle du titre est celle de son enfance, celle qu'il a laissée derrière lui à quatorze ans et qu'il n'a nommée dans un tune que bien plus tard, de l'autre côté de l'Atlantique. On a écrit des reels sur moins que ça.

Ed Reavy a composé entre quatre et cinq cents tunes, dont cent vingt-sept ont été conservés. Celui-ci est de loin le plus joué. Le contributeur qui l'a déposé sur TheSession en 2001 le présente d'ailleurs comme sa composition la plus populaire, et il porte le numéro 27 du recueil The Collected Compositions of Ed Reavy.

Ce qui frappe dans ce reel, et le premier commentaire de la page le dit mieux que moi, c'est le rendement obtenu à partir d'une seule phrase. Reavy prend le motif sol la si ré et le fait passer par trois octaves en quatre mesures. Une fois qu'on a vu ça, le tune s'apprend beaucoup plus vite. Le même contributeur donne deux conseils d'exécution : viser un flot de notes régulier, avec moins d'accent sur le temps qu'on n'en mettrait normalement dans un reel, et se méfier des petits do qui passent du naturel au dièse et reviennent.

Cette montée sur trois octaves, qui fait la beauté du tune sur un violon, est aussi ce qui en fait un problème. Les notes du bas n'existent pas sur une flûte, un whistle ou une cornemuse irlandaise. En novembre 2020, un joueur de cornemuse ouvre sur la page une discussion qui va durer plusieurs jours et rassembler une douzaine de musiciens : comment jouer ce tune quand on n'a pas les notes graves. Les réponses sont un cours de pratique instrumentale. Quelqu'un explique que remonter simplement les notes graves d'une octave produit deux fois la même figure et sonne plat, et propose plutôt de jouer toute la première partie une octave au-dessus jusqu'au si aigu, puis de bricoler la seconde montée avec des rolls. Un autre remarque que le tune perd son sens si l'escalade ne se fait pas, alors que d'autres tunes le supportent très bien. Un troisième avoue être pris de vertige quand ça redescend, comme si on jouait le tune à l'envers.

De cette discussion sont nés plusieurs settings déposés exprès : une version qui ne descend jamais sous le ré et qui essaie d'éviter la sonorité du repliement, une version pour ceux à qui manquent les notes sous le ré, une autre encore pour un accordéon en do dièse ré sans sol grave. C'est un des cas les plus nets, dans ce répertoire, où l'on voit une communauté de musiciens réécrire collectivement un tune pour le rendre jouable sans le trahir.

Reste la question de fond, et c'est un joueur de flûte qui la pose le mieux dans une note reprise sur la page en 2020. Il raconte avoir consulté le livre de Reavy, Where the Shannon Rises, en espérant y trouver la version juste, et n'y avoir trouvé que la confirmation qu'aucun de ses tunes ne se joue comme il les a écrits. Ce qu'il propose, dit-il, est une moyenne des innombrables settings qui traînent un peu partout.

Kevin Burke, dont la version est peut-être la plus copiée, dit à peu près la même chose autrement. Interrogé par courriel et cité sur le site en 2011, il explique qu'il n'a jamais cherché à faire sa version : il aimait le tune, l'avait entendu de plusieurs sources, et a peu à peu trouvé une manière de le jouer qui lui semblait juste. Il ajoute qu'il ignore si Ed Reavy l'a jamais entendu le jouer, et qu'il espère que ça lui aurait plu, mais qu'on ne sait jamais.


Fiche technique

Type : reel, mesure à 4/4, structure AABB (huit mesures par partie, chacune répétée).

Tonalité principale : sol majeur, quinze des dix-huit settings recensés par TheSession. Deux settings sont en mi dorien, dont une transcription de la version de Maureen Fitzpatrick sur le disque The Music of Ed Reavy. Un setting est en ré majeur.

Tempo indicatif : autour de 116 à la noire, tempo de reel courant.

Le point technique du tune : la montée du motif sol la si ré à travers trois octaves dans les quatre premières mesures. C'est l'idée du morceau, sa difficulté et son argument. Sur un violon elle se joue de la corde de sol jusqu'au registre aigu. Sur les instruments à vent elle est impossible telle quelle, voir la discussion ci-dessus et les settings qui en sont issus.

Second point technique : les do, qui alternent entre naturel et dièse. C'est le piège d'exécution le plus souvent signalé après la question du registre.

Parenté à connaître : la partie B démarre comme Drowsy Maggie, également dans ce répertoire, et la seconde mesure de la version dite standard poursuit dans le même esprit. C'est une bonne porte d'entrée si vous avez déjà Drowsy Maggie dans les doigts.

Niveau : classé avancé, et c'est mérité. Un contributeur, en 2020, plaisante en suggérant à un débutant de s'attaquer plutôt à Rolling in the Ryegrass qu'à ce monstre. Cathal McConnell aurait dit qu'il le trouvait trop bon pour être joué en session, ce qui est une autre manière de dire la même chose.

Partition et enregistrements

Cette fiche ne reproduit ni notation ABC ni grille harmonique, et c'est délibéré.

Le tune est une composition d'Ed Reavy, mort en 1988, auteur identifié dont l'œuvre est rassemblée et éditée. Contrairement au répertoire traditionnel, dont la mélodie appartient au domaine public, la ligne mélodique d'une composition récente reste protégée. La politique éditoriale de ce site est de ne prendre aucun risque sur ce terrain : pour les tunes sous droits, la fiche décrit, situe et renvoie, mais ne reproduit pas.

Pour la partition, les sources légitimes sont les recueils de l'auteur, The Collected Compositions of Ed Reavy, où le tune porte le numéro 27, et Where the Shannon Rises. Pour les settings déposés par les musiciens, dont ceux spécialement adaptés aux instruments sans notes graves, aller à thesession.org/tunes/302, où dix-huit settings sont accessibles.

Pour l'écoute, plusieurs entrées documentées sur la page. Kevin Burke, dont la version fait référence depuis une trentaine d'années. Martin Byrnes sur Paddy in the Smoke, avec Reg Hall au piano, un enregistrement qui divise : un contributeur trouve le violon de premier ordre et le piano douloureusement faux. Maureen Fitzpatrick sur The Music of Ed Reavy. Andy McGann, sous le titre Reavy's. Frankie Gavin sur Frankie Goes to Town, sous le titre Ryan's. Aggie Whyte, référencée à l'ITMA sous le titre Reevey's. Et pour les instruments à vent, les versions de Michael Clarkson et de Fintan Vallely, citées dans la discussion de 2020 comme les plus convaincantes.

Enchainements de session

Sur les 252 sets recensés sur TheSession, ce reel est aussi souvent une arrivée qu'un départ, ce qui est plus rare qu'il n'y paraît.

The Drunken Landlady + Maudabawn Chapel : 21 sets, l'entrée la plus fréquente.

Maudabawn Chapel + Beare Island : 21 sets, la sortie la plus fréquente. À noter que l'appariement fonctionne aussi dans l'autre sens, avec 12 sets qui placent Beare Island avant. C'est le voisin le plus solide du tune, dans les deux directions.

Maudabawn Chapel + The Irish Girl : 13 sets.

The College Groves + Maudabawn Chapel : 8 sets.

Autres voisins entre quatre et six sets : Miss Monaghan, The Hunter's House et Going Home avant, Frank's, The Lads of Laois, The Fisherman's Island et The Twelve Pins après. The Hunter's House est également une composition d'Ed Reavy, ce qui donne un set entièrement de sa main.

Voisins du corpus, en un ou deux sets chacun : Doctor Gilbert's, The Pigeon on the Gate, The Kesh, Drowsy Maggie, The Congress, Farewell to Erin, The Musical Priest, Cooley's. Un set recensé enchaîne également sur MacLeod's Farewell, également ajouté à ce répertoire dans le même lot.

Sources

  • TheSession, page du tune : https://thesession.org/tunes/302
  • The Collected Compositions of Ed Reavy, tune n° 27, référencé dans l'index des collections de TheSession
  • Ed Reavy, Where the Shannon Rises, cité de seconde main via la note de Michael Clarkson, ouvrage non consulté
  • Dictionary of Irish Biography et Wikipédia pour la biographie d'Ed Reavy : naissance le 14 février 1898 à Barnagrow, Maudabawn, comté de Cavan, émigration en 1912, installation à Philadelphie, mort en 1988, entre quatre et cinq cents compositions dont cent vingt-sept conservées
  • Kevin Burke, version de référence, propos cités par courriel sur le site
  • Martin Byrnes, Paddy in the Smoke, avec Reg Hall au piano
  • Maureen Fitzpatrick, The Music of Ed Reavy
  • Frankie Gavin, Frankie Goes to Town, sous le titre Ryan's
  • Aggie Whyte, référencée à l'ITMA sous le titre Reevey's
  • Commentaires TheSession cités : Will Harmon (2001) qui dépose le tune, sur la phrase répétée en trois octaves, sur le flot de notes et sur les do naturels et dièses, et sur la parenté du début de partie B avec Drowsy Maggie, pchaffee (2003) sur la variante des quatre dernières mesures de la partie A à la reprise, birlibirdie (2010) sur le tune comme chef-d'œuvre modeste, domhnall. (2011) pour les propos de Kevin Burke sur sa propre version, fidkid (2011) pour la transcription de Maureen Fitzpatrick, Nigel Gatherer et Kenny (2012) sur le titre The Reefs, corruption de Reavy's transmise par Cathal McConnell à Robin Morton, et sur la remarque de McConnell trouvant le tune trop bon pour une session, DrSilverSpear, Stiamh, Theirlandais, Beid, Michael Eskin, postie, dunnp, Jim Dorans et JWiseman (novembre 2020) pour l'ensemble de la discussion sur la jouabilité aux instruments à vent, shaketree (2020) citant la note de Michael Clarkson sur le livre de Reavy, christy taylor et Kenny (2020) sur le piano de Reg Hall, shanachie (2022) sur le disque de Frankie Gavin, GoPlayer (2025) sur la version d'Aggie Whyte à l'ITMA
  • Vincent Griffin, Traditional Fiddle Music from County Clare, 1977, où le tune est joué sans que le musicien se souvienne de son nom ni de sa provenance. Le rapprochement avec Maudabawn Chapel a été fait sur le site en 2012.
  • Année de composition : inconnue, aucune source trouvée
  • Statistiques d'enchaînement calculées sur la totalité des 252 sets publiés sur TheSession, après exclusion d'un carnet personnel de vingt et un titres listant quatre settings du même tune à la suite, qui aurait faussé le comptage

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