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Antonio Vivaldi

La Follia RV 63

Effectif
deux violons et basse continue
Niveau
avancé
Style
baroque
Source
IMSLP

baroquesonate en triofoliabasse obstinéevariations

Notes pédagogiques

L'œuvre dans son contexte

La Follia est la douzième et dernière sonate des Douze Sonates en trio op. 1 de Vivaldi, premier opus publié du compositeur (Venise, Giuseppe Sala, 1705). Vivaldi avait alors vingt-sept ans et n'était pas encore le maître de chapelle de l'Ospedale della Pietà reconnu dans toute l'Europe. Le choix de conclure son premier recueil imprimé par une Follia est un hommage explicite à Corelli, qui avait procédé de même dans son op. 5 publié à Rome cinq ans plus tôt. Vivaldi inscrit ainsi son ambition dans la lignée corellienne tout en s'en démarquant par une écriture plus mouvementée et un usage plus dramatique du contraste de tempi. La Folia, thème d'origine ibérique attesté dès le XVe siècle au Portugal, avait dès la fin du XVIIe siècle quitté son statut de danse populaire pour devenir un cadre standardisé de variation européen, fondé sur une succession harmonique fixe (i-V-i-VII-III-VII-i-V puis i-V-i-VII-III-VII-i-V-i).

Caractéristiques musicales et pistes de travail

Structure de dix-neuf variations sur la basse obstinée de la Folia, tonalité de ré mineur. L'effectif est celui de la sonate en trio classique : deux violons (parties égales et entrelacées) et basse continue. La basse, loin d'être un simple soutien harmonique, devient co-soliste dans plusieurs variations, notamment dans les passages en croches et triolets où elle prend en charge la diminution mélodique. Pédagogiquement, l'œuvre permet de travailler le repérage d'une basse obstinée, la construction progressive d'une variation (du dépouillement initial à la densification), le dialogue serré entre les deux violons, et la mise en valeur du continuo comme troisième voix mélodique à part entière. Pour une exécution historiquement informée : tempo souple d'une variation à l'autre selon le caractère affectif, ornementation baroque sur les sarabandes lentes, articulation détachée et accentuation italienne sur les variations rapides, soin particulier au passage adagio chromatique (variation 9, anticipation directe du climat dolent qu'on retrouvera chez Marais et Geminiani).

Pour aller plus loin

Édition critique : Istituto Italiano Antonio Vivaldi, Le opere di Antonio Vivaldi, Ricordi.

Enregistrements HIP de référence :

  • Il Giardino Armonico, dir. Giovanni Antonini (Teldec, 2000) : https://www.youtube.com/watch?v=KARpiVMOJ-c
  • Europa Galante, dir. Fabio Biondi (Opus 111 / Naïve)
  • L'Arte dell'Arco, dir. Federico Guglielmo (Brilliant Classics)

Sources de la fiche

Grove Music Online (article « Vivaldi, Antonio »), catalogue Ryom (RV), Wikipédia FR « La Follia (Vivaldi) », IMSLP.