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traditionnel

Ai vist lo lop

Aussi connu sous Ai vist lo lop, lo rainard, la lèbre, J'ai vu le loup, le renard et la belette, J'ai vu le loup, le renard, le lièvre

Type
Bourrée
Tradition
Occitane
Mesure
3/4
Tonalité
la mineur Aussi joué en sol dorien, re mineur
Structure
couplet-refrain
Niveau
Débutant

OccitanieMassif-CentralAuvergnebourdonlangue-occitanepont-trad-baroquecomptine

Ouverture

Tout le monde connaît cet air. En France, on l'a appris à l'école sous une forme ou sous une autre, sans savoir d'où il venait ni ce qu'il racontait. J'ai vu le loup, le renard et la belette. Trois bêtes qui tournent autour d'un arbre, une comptine pour enfants, rien de plus.

Sauf que le texte n'est pas en français, il est en occitan, et il ne parle pas d'animaux. Après le couplet des bêtes vient l'autre moitié de la chanson : on travaille toute l'année, et à la fin on a gagné quelques sous. Le loup, le renard et le lièvre ne sont pas là pour faire joli. C'est une plainte de paysan déguisée en ritournelle, et le déguisement a si bien tenu qu'on a fini par ne plus entendre que la ritournelle.

La chanson est très vieille. Les sources la font remonter au XIIIe siècle, et la mélodie se transmet depuis au moins le XIVe. Une des versions circulantes est bâtie sur le Dies Irae, le chant grégorien des morts, retourné en air de danse. On peut difficilement faire plus direct comme rapprochement entre l'église et la place du village.

Elle existe sous deux formes qui ne se mélangent pas. En 3/4, c'est une bourrée, et elle circule dans tout le Massif Central depuis le début du XIXe siècle. En mesure binaire, c'est une comptine, et elle est restée plus forte dans les zones de langue occitane. Ce sont deux vies parallèles de la même mélodie, et c'est la bourrée qui nous intéresse ici.

Elle rappelle une chose qu'on oublie : la France du centre parlait sa propre langue, et elle la chantait.


Fiche technique

Type : bourrée à trois temps, la forme du Puy-de-Dôme et de tout le Massif Central. La bourrée à deux temps, en ligne, est une autre danse, pratiquée surtout en Bourbonnais.

Mesure : 3/4.

Tonalité : la mineur est la tonalité de travail retenue pour l'atelier. Elle n'est pas la tonalité de la pièce : la mélodie est modale et circule transposée. Le relevé de Jack Campin la donne en sol dorien à 2/4, celui de FluteTunes en ré mineur à 2/2. Un air de tradition orale n'a pas de tonalité de référence, il a la tonalité de l'instrument qui le joue.

Structure : couplet suivi d'un refrain qui reprend l'image d'ouverture.

Organisation : la bourrée se danse par couples ou par quadrettes de quatre, avec des figures nommées, tiroirs, ellipses, croisade. Elle ne se pense pas en sets de trois morceaux comme la session irlandaise mais en suites régionales.

Grille harmonique

Volontairement absente. Ce n'est pas un manque d'information, c'est le sujet.

La bourrée du Massif Central s'accompagne au bourdon, pas sur une grille d'accords. Les instruments qui ont porté ce répertoire le disent d'eux-mêmes : la cabrette et la vielle à roue ont des bourdons par construction, ce sont des instruments qui tiennent une note et pas un accord. L'accompagnement harmonisé est venu plus tard, avec l'accordéon et la guitare, et il reste un ajout.

Les trois relevés consultés donnent trois tonalités différentes et aucune grille qui fasse autorité. Plutôt que d'en fabriquer une, la fiche s'arrête ici. En atelier : tenir un la à vide, ou un la et un mi, et laisser la mélodie frotter dessus. C'est plus juste historiquement et c'est plus facile à mettre en place avec des débutants qu'une grille de quatre accords.

Intérêt pédagogique

Le 3/4 qui manquait. L'année couvre le 6/8 avec les jigs et les tarentelles, le 4/4 avec les reels. La bourrée apporte le trois temps dansé, qui n'est ni la valse ni la sarabande.

Le pont avec le baroque, à condition d'être précis. Lully, Rameau et Bach écrivent tous des bourrées. Bach en donne deux dans les œuvres pour violon seul, dans la Partita n° 1 BWV 1002 et dans la Partita n° 3 BWV 1006. La comparaison est un excellent exercice d'écoute, mais il faut dire aux élèves ce qu'on compare : la bourrée baroque est une danse binaire et vive, à lever de noire. C'est donc la bourrée occitane à deux temps qui lui ressemble métriquement, pas celle-ci. Et surtout, la filiation entre la danse du Massif Central et celle des suites de cour n'est pas établie par les sources. Deux danses portent le même nom : c'est un point de départ pour une question, pas une réponse à donner toute faite.

Le bourdon. Même travail que sur la partie A de la pizzica, dans un contexte français. Deux occasions dans l'année de faire entendre qu'un accompagnement n'est pas forcément une suite d'accords.

La langue. Niveau débutant, mélodie courte, et un texte en occitan dont on peut donner le sens en trente secondes. Le retournement du couplet des animaux vers le couplet du salaire est le genre de chose qu'un élève retient pour de bon.

Partitions et enregistrements

Partitions libres :

Enregistrements :

  • Les Violons de l'Automne, Bourrées à 3 temps volume 2, 2015, piste 1 : bandcamp. Rassemblement annuel de violoneux du Massif Central, recettes au bénéfice de l'association 12 Violoneux. C'est la référence la plus proche de ce qu'on cherche à faire en atelier.
  • Rémy Geoffroy, accordéon trad : recherche YouTube
  • Accordzéam, croisement baroque, trad et jazz : accordzeam.org
  • Pour la version binaire, plus connue du grand public : Mont-Jòia (1976), In Extremo (1998), Wazoo (2015)

Sources

Note éditoriale : aucune grille harmonique n'est publiée sur cette fiche. Les sources consultées ne s'accordent ni sur la tonalité ni sur une harmonisation de référence, et l'accompagnement traditionnel de la bourrée est un bourdon. Une grille aurait été une invention.

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